Chérisy à la veille de la Grande Guerre.

En 1914, le village compte 125 habitations dont une douzaine sont inoccupées et recense une population de 419 âmes. Il est desservi par quatre rues qui forment un carrefour cruciforme, en son centre. Celle de Vis est la plus longue, elle le traverse dans sa longueur jusqu'au carrefour des routes menant d' Hendecourt-les-Cagnicourt à Guémappe. C'est la rue principale où siègent la mairie, la poste et l'école. Plusieurs fermes de taille moyenne y sont implantées, non loin des résidences des enseignants et des habitations du vétérinaire et du garde-champêtre. Cinq cabaretiers y tiennent boutique et proposent de la boisson à côté d'autres commerces dont trois épiceries. Le maréchal-ferrant et le forgeron ont également leurs ateliers dans la rue de Vis, près des échoppes du négociant et du pureur en grain.

La rue de l'église débute de l'autre côté du grand carrefour et mène aux sorties du village jusqu'au calvaire séparant les routes en direction de Fontaine-les-Croisilles et Croisilles. L'église entourée de son cimetière et le presbytère du curé s'y détachent nettement, avec en vis à vis la fameuse ferme de l'abbaye et son verger, propriété de la famille Descamp-Deron. Non loin de cette ferme est implantée un autre débit de boissons, la maison du receveur des postes et la brasserie reprise en 1880 par Auguste Duquesnes. Ce notable est membre titulaire de la chambre de commerce d'Arras et occupe aussi à cette époque les fonctions de maire de Chérisy. Le charron, le boucher et la lingère tiennent également leurs commerces dans la rue de l'église près des fermes des frères Delmotte et d'Ovide Deron. La brasserie, la ferme de l'abbaye et ces deux exploitations emploient un grand nombre d'ouvriers agricoles et de valets de charrue du village.

La rue d'Arras s'avance de part et d'autre de la route conduisant à Guémappe. L'artisanat y est représenté par l'atelier du menuisier et celui du cordonnier et les commerces comptent une boulangerie faisant aussi office de charcuterie, la boutique de repassage et à l'angle des rue d'Arras et de Vis, l'estaminet-épicerie tenu par Éloi Dumont. Cet établissement est sans doute le mieux situé et le plus fréquenté de Chérisy. Vers la sortie du village s'étendent les prés où vont paître sous la surveillance du berger, les bêtes de l'unique éleveur de moutons du village.

La rue la plus modeste, dite du chaufour, s'élance vers le pont enjambant la Sensée, en direction d' Hendecourt. Elle doit son nom à l'activité d'un four à chaux à proximité de deux carrières calcaires. La plus importante, à gauche de la route en quittant Chérisy, est située non loin des ruines de l'ancien moulin du village. La seconde, plus petite se trouve à droite de la route entre l'ancien chemin de la Warde et la rivière Sensée. On n'y trouve pas de commerces en dehors d'un débit de boisson et deux artisans sont recensés dans cette dernière rue, un peintre en bâtiment et un tailleur d'habits.

Les villageois vivent dans une certaine autonomie. Il dépendent du village voisin de Vis-en-Artois pour leurs besoins en pharmacie et en ce qui concerne les contributions indirectes (taxes locales d'octroi), le service de perception des impôts et la gendarmerie. En dehors de l'activité agricole, l'économie de Chérisy s'appuie sur l'activité de sa brasserie qui emploie une quinzaine de Chérisiens. Crée en 1856 par Auguste Defontaine, elle a été modernisée par Auguste Duquesnes et connaît une croissance régulière de sa production depuis les avancées de la pasteurisation. Celles-ci combinées à l'utilisation de machines produisant un froid industriel permettent maintenant de brasser à basse température toute l'année. La production de cette bière blonde locale s'en trouve améliorée en quantité comme en qualité malgré la concurrence de la brasserie voisine de Dury. La brasserie Duquesne produit également quelques spiritueux régionaux comme le genièvre, un alcool de grain aromatisé de baies de genévriers.

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Samedi 1er août 1914. La cloche de l’église sonne le tocsin à Chérisy. La plupart des hommes du village sont encore occupés aux travaux des champs. La moisson n’est pas encore achevée. La population inquiète se regroupe progressivement sur la place. Comme partout en France, une grande affiche vient d’être apposée sur le mur de la mairie. Le maire informe bientôt la population d’une nouvelle qui va bouleverser le quotidien des familles du village : c’est la mobilisation !

La France entre en guerre contre l’ennemi allemand, chacun doit se tenir prêt à faire son devoir. Les Chérisiens accueillent la nouvelle avec résignation, presque sans surprise. Tout jeune français est mentalement prêt à la guerre. Depuis son entrée à l’école primaire, il a appris qu’il devrait être plus tard un bon soldat, que sa patrie, amputée d’une partie de son territoire depuis 43 ans était malheureuse et bafouée. Il fallait se tenir prêt à défendre son honneur, prêt à prendre sa revanche. Lors des veillées, les anciens parlaient parfois de 1870 et surtout des combats acharnés qu’avaient mené dans la région les hommes de Faidherbe, en janvier 1871. Personne n’ignorait donc que l’ennemi depuis des décennies, c’était l’allemand impérialiste et qu’il faudrait un jour ou l’autre l’affronter à nouveau, lui reprendre l'Alsace et la Lorraine et cette fois-ci le vaincre.

Aujourd’hui, le tambour du garde-champêtre et les gendarmes de la brigade de Vis en Artois les rappellent au devoir. Il faut se conformer aux ordres inscrits sur le fascicule rose de mobilisation, inséré dans leurs livrets militaires. Dans deux jours, tous les hommes concernés devront avoir rejoint leurs dépôts.

Quelques éléments des lois qui régissent la mobilisation permettent de bien comprendre le parcours militaire atypique de certains Chérisiens :

Jusqu'à l'été 1913, les jeunes hommes de 21 à 23 ans sont concernés par un service militaire qui dure 2 ans, depuis la loi de 1905. Ils appartiennent à l'Armée d'active.

Une fois le Service accompli, ces hommes restent mobilisables en cas de conflit jusqu'à l'âge de 47 ans selon les affectations suivantes :

A l'âge de 24 ans : pour une période de 11 ans dans la réserve de l'Armée d'Active.

A l'âge de 35 ans : pour une période de 7 ans dans l'Armée Territoriale .

A l'âge de 41 ans : admission pour 7 ans dans la réserve de l'Armée Territoriale.

Les hommes ayant un ou plusieurs enfants se voient rattachés à une classe de recrutement antérieure afin d'être plus tôt déclassés puis libérés définitivement des obligations militaires. Ainsi un père de deux enfants appartenant à la classe 1912, se voyait rattaché à la classe 1908.

Mais l'année 1913 voit poindre la menace d'un conflit en Europe contre les puissances centrales. Face à l'effort militaire massif de l 'Allemagne. Le gouvernement français prend des décisions qui vont avoir un impact direct sur le Service militaire.

Les moins populaires seront de refaire passer le service militaire à 3 ans pour la classe 1913 et de maintenir sous les drapeaux pour un an de plus la classe 1910, alors libérable.

Une autre plus incitative visera à augmenter rapidement l'effectif des engagés volontaires pour 1913. Nous verrons plus bas que cette mesure recevra un échos favorable chez les jeunes Chérisiens.

En complément des engagés tous les appelés au Service vont donc se trouver mobilisés d'office mais aussi les jeunes dans leur première année de réservistes. C'est l'application des articles 33 et 40 de la loi de 1905 qui stipulent que :

Le rappel des hommes effectuant leur première année de service dans la réserve est autorisé " dans les cas où les circonstances paraîtraient l'exiger " (art. 33). De manière générale, le rappel ou le maintien est motivé par l' " agression " ou la " menace d'agression caractérisée par le rassemblement de forces étrangères en armes " (art. 40).

Tous les hommes âgés de 20 à 47 ans et aptes physiquement seront donc mobilisés à compter du 2 août 1914. A Chérisy, il n'y a pas eu de départ pour le service militaire depuis janvier 1914. Toutefois 17 jeunes hommes du village, appartenant aux classes de 1910 à 1913, sont encore en cours de Service ou maintenus sous les drapeaux lorsque survient l'ordre de mobilisation. 6 d'entre-eux sont des engagés volontaires pour une durée de trois ans, ayant répondu aux mesures incitatives au volontariat pour 1913.

Alfred DÉFONTAINE est le premier à souscrire un contrat pour le 3èmeRégiment du Génie, devant la mairie d'Arras, le 11 mars 1913. Il est suivi pour le même Régiment par Louis DERON, qui signe le lendemain. Henri DEVILLE, Clotaire LUCAS et Prudent TRANNOY s'engagent à leur tour le 14 mars 1913, mais pour le 27ème Régiment d'Artillerie de Campagne de Saint-Omer. Victor DÉFONTAINE quant à lui signe le 20 mai pour les rejoindre dans l'Audomarois.

La mobilisation vécue au village.

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Carrefour rue d'Arras et rue de Vis, avant-guerre.

Le village en 1914.

Nom

Prénom

Grade

Date naissance

Garnison

Unité

Classe

Profession

BAZET

Maurice

Sdt

20/05/1891 Chérisy

PARIS

19° E.T.E

1911

ouvrier agricole

CARON

Henri

Sdt

07/10/1890 Chérisy

VALENCIENNES

127° R.I

Art. 33. 1910

charron

DEFONTAINE

Victor

Can. Cond.

26/02/1893 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C

Eng. Vol.1912

cultivateur

DEFONTAINE

Alfred

Sap 2° Cl.

24/01/1893 Chérisy

ARRAS

3° R.G

Eng. Vol.1912

cultivateur

DELANNOY

Henri

2° Can.

01/08/1893 Chérisy

DOUAI

15°R.A.C

1913

ouvrier agricole

DELVILLE

Émile

Can. Cond.

04/03/1890 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C

Art. 33. 1910

cultivateur

DELVILLE

Henri

Can. Cond.

25/04/1892 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C

Eng. vol.1912

forgeron

DERON

Louis

Sap 2° Cl.

01/12/1893 Chérisy

ARRAS

3° R.G

Eng. Vol.1912

cultivateur

HECQUET

Jean

Sdt

29/08/1893 Chérisy

MAUBEUGE

145° R.I

1913

cultivateur

LEPOIVRE

Henri

Sdt

13/07/1892 Chérisy

MAUBEUGE

145° R.I

1912

bûcheron

LUCAS

Clotaire

2° Can.

20/04/1892 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C

Eng .vol.1912

boulanger

PAGNIEZ

Léon

Sdt

14/05/1891 Chérisy

VALENCIENNES

127° R.I

1911

valet de charrue

POIVRE

Marcel

Sdt

30/05/1892 Fontaine les C.

VALENCIENNES

127° R.I

1912

journalier

ROYEZ

Georges

Sdt

27/07/1891 Paris XI°

LABRY (57)

16° B.C.P

1911

carrier

TRANNOY

Prudent

Sdt 1° Cl.

19/04/1893 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C

Eng. vol.1912

cultivateur

TRANNOY

Auguste

Sdt

19/07/1890 Chérisy

AVESNES /HELPE

84° R.I.

Art. 33. 1910

cultivateur

DELMOTTE

Robert

Cuir. 1 Cl.

21/08/1890 Chérisy

CAMBRAI

4° R. CUIR.

Art. 33. 1910

cultivateur

Sigles utilisés :

Sdt : Soldat; Can. Cond : Canonnier Conducteur; Sap. 2° Cl : Sapeur de Deuxième Classe; 2° Can : Artilleur de Deuxième Classe; E.T.E : Escadron du Train des Équipages; R.I : Régiment d'Infanterie; R.G : Régiment du Génie; R.A.C : Régiment d'Artillerie de Campagne; B.C.P : Bataillon de Chasseurs à Pied; R. Cuir : Régiment de Cuirassiers; Cuir. 1° Cl : Cuirassiers de première Classe.

 

LES RÉSERVISTES DE L'ARMÉE D'ACTIVE.

A Chérisy, seuls 17 réservistes de l'Armée d'Active sont rappelés. Tous ne sont pas natifs du village. On pourrait même s'étonner de voir apparaître parfois Paris comme lieu de naissance. Cela s'explique par une pratique courante de la fin du XIX°siècle. Les orphelins de Paris ou les enfants abandonnés, nommés alors "enfants de la Seine" étaient envoyés à la campagne. Ils étaient accueillis chez des exploitants agricoles qui les utilisaient comme garçons de ferme, journaliers ou domestiques. A leur majorité, beaucoup s'installaient définitivement dans leur village d'accueil. On en dénombrait plusieurs à Chérisy en 1914.

La mobilisation d'août 1914 est massive mais pour l'instant, encore choisie. Un certain nombre d'hommes sont ajournés ou exemptés pour inaptitude physique, médicale ou même intellectuelle. D'autres ont même été réformé suite à une blessure sérieuse reçue durant leur temps de service. Mais les pertes catastrophiques de l'été 1914 vont pousser l' État Major des Armées à se montrer rapidement bien moins rigoureux dans la selection des soldats à envoyer au front.

Nom

Prénom

Grade

Date naissance

Garnison

Unité/Classe

Date mobilisation

Profession

GONSE

Domitien

Sdt 1° Cl.

21/06/1880 Hendecourt

DEPOT

33° R.I / 1900

21/08/1914

journalier

HOUVIEZ

Pierre

Sdt

27/08/1880 Chérisy

DEPOT

233° R.I / 1900

23/08/1914

charron

AUDEGOND

Victor

Ouvrier

18/04/1881 Héninel

LILLE

1° S.T.C.O.M / 1901

02/08/1914

ouvrier agricole

DITTE

Louis

Sap 2° Cl.

06/01/1881 Chérisy

ARRAS

3° R.G / 1901

05/08/1914

cultivateur

FONTAINE

Louis

Sdt
19/02/1883 Paris XIX°

CHALON / MARNE

6° E.T.E / 1903

06/08/1914

ouvrier agricole

LEFEBVRE

Clodius

Sdt

21/08/1883 Héninel

ARRAS

33° R.I / 1903

11/08/1914

ouvrier agricole

DELMOTTE

Jean

Adj. Res.

18/11/1884 Chérisy

DOUAI

41° R.A.C / 1904

03/08/1914

cultivateur

DEFONTAINE

Léonce

Sdt

05/03/1884 Chérisy

ARRAS

33° R.I / 1904

04/08/1914

ouvrier agricole

LUCAS

Arthur

Sdt

22/09/1885 Chérisy

ARRAS

233° R.I / 1905

04/08/1914

cafetier, coiffeur

SENECHAL

Nicolas

Cpl.

25/11/1885 Chérisy

ARRAS

33° R.I / 1905

03/08/1914

charpentier

REMY

Emile

Sdt

11/12/1885 Monchy L.P.

AMIENS

272° R.I / 1905

04/08/1914 

boucher

LEVEQUE

Paul

Cav 2° Cl.

05/06/1887 Chérisy

DOUAI

15° R.A.C / 1907

03/08/1914

jardinier

DITTE

Joseph

Sdt

10/07/1888 Feuchy

VALENCIENNES

127° R.I /1908

03/08/1914

cultivateur

LEPOIVRE

Raymond

Sdt

24/12/1888 Chérisy

VALENCIENNES

127° R.I / 1908

03/08/1914

charretier

TABARY

François

Sdt 1° Cl.

25/01/1889 Chérisy

AVESNES / HELPE

84° R.I / 1909

03/08/1914

cocher livreur

MONEL

Gérard

Sap 2° Cl.

15/06/1889 Chérisy

ARRAS

3° R.G / 1909

03/08/1914

garçon brasseur

HECQUET

Joseph

1° Can.

08/08/1889 Chérisy

CALAIS

1° R.A.P / 1909

03/08/1914

boulanger

MARTINET

Léon

Aff. Spécial

03/11/1889 Paris XIV°

ARRAS

5°S.C.F.C /1909

02/08/1914

ouvrier agricole

CHÉRISIENS NON MOBILISÉS, AJOURNÉS OU RÉFORMÉS.

Le tableau suivant répertorie les noms des hommes non mobilisés entre août et septembre 1914, qu'ils soient par leur âge rattachés à l' armée d'Active, à la Réserve ou à la Territoriale.

Nom

Prénom

Date naissance

Classe

Position

Profession

LELOIRE

Henri

18/03/1867 Chérisy

1887

exempté C.Ref 1887

pureur de grains

DISLERS

Arthur

16/01/1875 Chérisy

1895

S.M 1° R.I réformé 1903

valet de charrue

LEFEBVRE

Jean-Baptiste

06/09/1877 Chérisy

1897

proposé S.Aux, exempté

cultivateur

TRANNOY

Jean-Baptiste

24/06/1880 Chérisy

1900

réformé 20/08/1914

journalier

DEMORY

Jules

06/01/1881 Chérisy

1901

proposé S.Aux, exempté

cultivateur

HOUVIEZ

François

01/01/1882 Chérisy

1902

exempté C.Ref 1902

journalier

LUCAS

Charles

03/05/1883 Chérisy

1903

réformé depuis 1904

ouvrier agricole

MONEL

Nicolas

14/04/1884 Chérisy

1904

exempté C.Ref 1904

inconnue

BIZIAUX

Jean

16/09/1885 Chérisy

1905

réformé depuis 1907

cultivateur

DUQUESNES

Jules

24/02/1885 Chérisy

1905

exempté depuis 1905

agent com. mines

DELVILLE

Eloi

27/09/1886 Chérisy

1906

exempté depuis 1906 

maréchal-ferrant

BAZET

François

04/03/1886 Chérisy

1906

classé S.Aux en juin 1914

charretier

LUCAS

Marcel

28/05/1887 Chérisy

1907

classé S.Aux, réformé

peintre en bâtiment

DELVILLE

Cyrille

06/07/1888 Chérisy

1908

proposé S.Aux, exempté

cultivateur

MONEL

Louis

22/08/1889 Chérisy

1909

réformé depuis 1912

ouvrier agricole

SENECHAL

Félix

02/02/1889 Chérisy

1909

exempté C.Ref 1908

cordonnier

LUCAS

Fernand

01/02/1891 Chérisy

1911

exempté

ouvrier agricole

DELANNOY

César

10/01/1893 Chérisy

1913

ajourné

cultivateur

CHÉRISIENS MOBILISÉS, AYANT QUITTÉ LE VILLAGE DEPUIS LEUR SERVICE.

L'étude des recensements et des dossiers matricules fait apparaître qu'une bonne partie des adultes concernés par la réserve d'active avaient quitté le village pour des raisons professionnelles. L'industrialisation galopante du début du vingtième siècle a en effet attiré vers les villes les populations rurales. Chérisy n'y a pas échappé et de nombreux hommes, natifs du village ou y ayant longtemps demeuré, se sont lassés de leur statuts de journaliers agricoles. Ils ont alors tenté leur chance notamment dans le bassin minier, attirés par de plus hauts salaires et de meilleures conditions de logement. On en retrouve un certain nombre sur Avion, Lens, Liévin, Sallaumines et Hénin-Liétard.

Nom

Prénom

Grade

Date naissance

Garnison

Unité / Classe

Profession

DEMORY

Henri

Cpl.

20/03/1879 Chérisy

AMIENS

12° R.I.T / 1899

cultivateur à Bresles (80)

PAGNIEZ

Jules

Can. Cond.

15/10/1880 Chérisy

DOUAI

15° R.A.C / 1900

journalier à Avion (62)

LOURDEL

Paul

Sdt

16/08/1881 Chérisy

ARRAS

233° R.I / 1901

tourneur sur fer à Paris (75)

PAGNIEZ

Carloman "Léon"

Sdt

27/12/1881 Chérisy

ARRAS

33° R.I / 1901

mineur à Lens (62)

GRADEL

Pierre

Aff. Spécial

07/12/1882 Wancourt

LENS

5°S.C.F.C / 1902

pointeur

MERCIER

Louis

Sdt

21/11/1882 Chérisy

SAINT OMER

8° R.I / 1902

houilleur à Lens (62)

SENECHAL

Jules

Sdt

25/11/1884 Chérisy

ARRAS

33° R.I / 1904

agent encaisseur à Sallaumines (62)

HOUVIEZ

Augustin

Can. Cond.

24/02/1886 Chérisy

SAINT OMER

27° R.A.C / 1906

journalier agricole à Vis-en-Artois (62)

LUCAS

Lucien

Sap. 2° Cl.

24/10/1886 Chérisy

ARRAS

3° R.G / 1906

chef d'équipe terrassiers à Hénin Liétard (62)

DELANNOY

Clovis

Sdt

29/12/1887 Chérisy

MAUBEUGE

145° R.I / 1907

valet de chambre à Lille (59)

DELANNOY

Adrien

Can. Cond.

01/06/1889 Chérisy

DOUAI

15° R.A.C / 1909

mineur à Liévin (62)